Le 8 septembre dernier, une conférence d'experts réunissant maires, agriculteurs et associations de toute la région Hauts-de-France a mis en lumière des données préoccupantes sur notre politique énergétique. Les révélations de cette mobilisation régionale sans précédent interrogent directement l'avenir de nos territoires ruraux.
Une expertise de haut niveau au service des territoires
Organisée par huit associations régionales, cette conférence a rassemblé des intervenants de premier plan : Alain Ayong Le Kama, économiste et ancien conseiller au Commissariat général du plan, Samuele Furfari, ancien haut fonctionnaire européen à la Direction générale de l'énergie, ou encore Laurent Degenne, président de la Chambre régionale d'agriculture des Hauts-de-France.
Leurs constats convergent : la politique énergétique actuelle sacrifie nos territoires sur l'autel d'une transition mal pensée. Selon l'économiste Ayong Le Kama, "on ne peut pas laisser une minorité manger le gâteau et laisser la majorité le payer".
Des chiffres qui interrogent nos choix énergétiques
Les données présentées remettent en question la cohérence de notre stratégie nationale. La France exporte déjà 102 TWh d'électricité excédentaire, vendue parfois à perte à l'étranger, tandis que les factures des ménages français explosent. Vingt milliards d'euros d'économies seraient réalisables avec une politique rationnelle, selon les experts présents.
Cette situation paradoxale révèle l'ampleur des subventions massives aux énergies renouvelables, représentant un coût colossal pour l'État, et in fine pour les contribuables.
L'inquiétude légitime du monde agricole
Laurent Degenne a posé la question centrale : "Que voulons-nous faire de notre territoire ? Aucune consultation n'a été faite avec tous les acteurs." Les agriculteurs présents ont exprimé des craintes majeures concernant le démantèlement futur des installations, la pollution des sols par les fondations béton, et la réduction des terres agricoles qui menace notre souveraineté alimentaire.
Cette préoccupation rejoint directement nos propres alertes concernant les impacts du parc éolien de Thézy et l'accaparement de nos terres agricoles.
Un impact économique dramatique sur nos territoires
Des témoignages bouleversants ont été partagés : boulangeries contraintes de fermer, restaurants en difficulté, PME fragilisées par des factures énergétiques devenues insoutenables. Cette réalité, nous la connaissons dans notre région où les promesses de retombées économiques du parc éolien peinent à se concrétiser.
Le paradoxe révélé est saisissant : les communes "préservées" de l'éolien industriel le doivent souvent à des concertations préalables avec leurs exploitants agricoles. Ces territoires ont su protéger leur cadre de vie grâce à un dialogue constructif entre tous les acteurs.
L'alerte sur la Programmation Pluriannuelle de l'Énergie
La PPE 3 dans sa version actuelle représenterait une catastrophe pour notre pays : dégradation massive de la biodiversité, explosion des dépenses publiques, et doublement progressif du prix de l'énergie sur les dix prochaines années. Une perspective particulièrement inquiétante pour nos communes rurales déjà fragilisées.
Pour une véritable concertation territoriale
Cette conférence confirme nos propres analyses et revendications. Face aux enjeux environnementaux, économiques et sociaux, il est impératif de repenser notre approche énergétique en privilégiant une véritable concertation avec les territoires, le développement d'énergies thermiques renouvelables, et la protection de nos terres agricoles.
Nous appelons la municipalité et les élus de notre intercommunalité à s'inspirer de ces expertises pour défendre les intérêts légitimes de notre territoire. L'avenir énergétique de la France ne peut se construire contre ses habitants et au détriment de nos paysages.
Il est temps d'ouvrir un véritable débat démocratique sur ces enjeux cruciaux, en associant tous les acteurs locaux à la définition de notre avenir commun.